Quand tous les visages sont dirigés vers la même scène, quand tous les regards se sont posés sur les violoncellistes et que l'attention de toute une salle semble se concentrer en un seul point, toujours la même envie singulière le prend. Parmis tous ces yeux, les siens se ferment et presque instantanément, au milieu de la foule, il s'éloigne. Entouré de gens, il est à part. Son visage devient frontière entre deux mondes. Entre la réalité son imagination abstraite et merveilleuse.
Et là, dans le domaine où tout est possible, sur le ciel étoilé de ses yeux fermés, il peut voir le son. Des vagues de petits cailloux roses en effervescence, des ondes violettes se propageant comme à la surface d'une eau calme et parfois de filets de fumée pourpres flottants au milieu de l'espace noir. Ils apparaissent, brillent de manière lumineuse à l'intérieur de ses paupières pour s'effacer à l'instant d'après.
Jaimais on ne pourra l'enfermer, car son imagination est sa liberté, la plaine de ses pensées, un oiseau en vol, un nuage sans contours.
Jamais il ne sera sans abris, car son imagination est son refuge, la tanière de son âme, la coquille d'escargot de son coeur.
Et jamais on ne parviendra à nous priver de cette précieuse chose qu'est le rêve. Car elle est part inséparable de notre être. Liberté et appui. Ciel et terre.